Particules fines
Peau : la pollution de l'air pourrait être responsable de vos rougeurs
Les particules fines PM2,5 - polluants de l'air provenant du trafic routier, des activités industrielles ou encore du chauffage au bois - pourraient contribuer aux rougeurs cutanées, selon une nouvelle étude.

- Par Sophie Raffin
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- Nuttawan Jayawan/istock
Les rougeurs cutanées, ou érythèmes, sont des troubles dermatologiques bénins très souvent vus comme des problèmes avant tout esthétiques. Mais comme le rappelle des chercheurs de Taiwan, cette inflammation n’est pas que disgracieuse. Elle montre que la santé de la peau est compromise. Cette dernière peut alors avoir des difficultés à assurer son rôle de barrière protectrice.
Les scientifiques ont tenté d'identifier les facteurs de risque des rougeurs. Ils ont ainsi découvert que les particules fines PM2,5 ont un lien avec ce trouble dermatologique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue PLOS Global Public Health le 12 mars 2025.
La pollution de l’air favorise les rougeurs cutanées
Pour mieux comprendre les effets de la pollution de l’air sur la peau, l’équipe a réuni 472 participants de deux communautés de Taïwan. La moitié d’entre eux avaient entre 20 et 59 et l’autre plus de 60 ans. L’exposition aux particules fines des volontaires a été déterminée en fonction de leur adresse résidentielle.
Par ailleurs, les scientifiques ont évalué l’étendue des rougeurs cutanées grâce à un système d'imagerie numérique baptisé VISIA dédié à la dermatologie et de la médecine esthétique. Les analyses ont révélé une association positive significative entre les niveaux de PM2,5 et l'érythème pour les deux tranches d'âge. Dans le détail, chaque augmentation d'unité de PM2,5 correspondait à une hausse de 1,70 unité de la zone de rougeur chez les 20-59 ans, et de 2,63 unités chez les seniors.
Lors de l’étude, les chercheurs ont également porté leur attention sur les porphyrines, des excrétions bactériennes qui peuvent se loger dans les pores et conduire à l'acné. Leur taux est révélateur de la production de sébum, mais aussi l’indicateur d’une réponse cutanée face à des polluants. Les auteurs ont remarqué que les personnes de moins de 60 ans qui avaient beaucoup de porphyrines avaient un risque accru de rougeurs.
"Cette étude suggère un lien entre l'exposition aux PM2,5 et les rougeurs cutanées, indiquant que la pollution atmosphérique pourrait contribuer aux problèmes de santé cutanée", soulignent-ils. Ils ajoutent ensuite que "les résultats suggèrent que l'interaction entre les substances lipophiles et cancérigènes des PM2,5 et les porphyrines pourrait augmenter les rougeurs cutanées et potentiellement accroître le risque d'affections cutanées chroniques et de cancer de la peau".Pollution de l’air : il faut faire attention à la peau
Ayant mis le lien entre la pollution de l’air et les rougeurs cutanées en lumière, les chercheurs recommandent aux autorités de santé publique “de mettre en place des dépistages cutanés annuels, utilisant les rougeurs cutanées comme indicateur potentiel d'exposition aux PM2,5 afin de favoriser une évaluation plus approfondie des impacts plus larges de la pollution atmosphérique sur la santé”. Et pour faire face à notre environnement pollué, il faudrait, selon eux, promouvoir “l'utilisation de produits protecteurs scientifiquement testés et éprouvés, tels que des crèmes formulées pour renforcer la défense cutanée contre les PM2,5” afin de réduire la pénétration des polluants et à atténuer les dommages cutanés, “en particulier chez les populations exposées à des niveaux élevés de pollution atmosphérique”.