Dépistage

Hausse des cas de tuberculose : l’Angleterre sonne la mobilisation

L’augmentation des cas de tuberculose en Angleterre pousse les autorités à renforcer la prévention et le dépistage. La France suit le même chemin.

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  • 03 Avr 2025
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    La tuberculose, bien que considérée comme une maladie sous contrôle dans de nombreux pays, connaît une hausse alarmante des cas. En Angleterre, le nombre de personnes touchées a augmenté de 13 % en 2024, atteignant 5.480 cas. Une tendance similaire est observée à l'échelle mondiale, poussant les autorités sanitaires à renforcer les stratégies de prévention et de dépistage contre cette maladie infectieuse qui touche le plus souvent les poumons.

    Un plan quinquennal en Angleterre

    Face à cette augmentation, le gouvernement britannique a décidé de lancer un plan d’action de cinq ans (2026-2031) pour améliorer la prévention, la détection et le contrôle de la maladie. L'initiative appelle à la collaboration entre universitaires, professionnels de la santé et patients pour identifier les interventions les plus efficaces. "La tuberculose est guérissable et évitable, mais elle reste un grave problème de santé publique en Angleterre", a déclaré Esther Robinson, cheffe de l'unité tuberculose de l’Agence de sécurité sanitaire britannique (UKHSA).

    L'Angleterre reste officiellement une zone de faible incidence, mais la situation est préoccupante. "Nous sommes maintenant juste en dessous" du seuil de 10 cas pour 100.000 habitants défini par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), précise Esther Robinson. La maladie touche particulièrement les populations vulnérables, notamment les sans-abri, les toxicomanes et les personnes nées à l’étranger, qui représentent 80 % des cas recensés.

    Une vigilance accrue en France

    En France, la tuberculose suit également une courbe ascendante avec 4.800 cas en 2023, contre 4.200 l’année précédente. Le Dr Frédéric Mechaï, infectiologue à l’hôpital Avicenne à Bobigny, contacté par Radio France, tempère toutefois les inquiétudes : "Il n'y a pas de quoi s'alarmer, le nombre de cas reste globalement stable depuis 10 ans. [...] Néanmoins, pour éviter une véritable augmentation, il faut intensifier le dépistage et la surveillance de la tuberculose chez les populations à risque", comme les détenus, les immunodéprimés, les SDF et les migrants.

    En réponse, la Haute autorité de Santé (HAS) a publié, fin mars, de nouvelles recommandations pour harmoniser le repérage précoce de la maladie. Ces mesures visent à mieux structurer le dépistage et à renforcer la surveillance, afin de limiter la propagation et d’éviter le développement de formes résistantes aux traitements. Car, si la tuberculose reste traitable, l’OMS s'inquiète de l’émergence de souches résistantes aux antibiotiques, un phénomène amplifié par un taux de réussite du traitement encore insuffisant (67 à 77 % en Europe, contre un objectif de 90 %.

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