Anesthésie

Une fillette de 9 ans meurt après une anesthésie générale : quels sont les risques ?

L'affaire de Silvanna Moreno, une enfant de 9 ans décédée après une anesthésie pour une opération dentaire, rappelle que toute anesthésie générale, même bien encadrée, présente un risque minime mais réel pour la santé.

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  • 02 Avr 2025
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    Ce devait être une simple intervention de routine. Silvanna Moreno, une fillette de 9 ans, est décédée le 18 mars dernier après une opération dentaire sous anesthésie générale à Vista, en Californie (Etats-Unis). D’après les informations du bureau du médecin légiste du comté de San Diego, rapportées par CBS News, l'enfant avait pourtant été autorisée à sortir de la clinique après son transfert en salle de réveil.

    Une enquête pour déterminer la cause exacte du décès

    Selon le Dr Ryan Watkins, anesthésiste dans le cabinet Dreamtime Dentistry, "les protocoles standards post-anesthésie ont été suivis" et Silvanna a été libérée "dans un état stable, avec des signes vitaux normaux et des réflexes protecteurs intacts, sous les soins de sa mère". Sauf qu’une fois à la maison, la fillette ne s'est jamais réveillée. Ses parents l'ont retrouvée inerte dans son lit et ont immédiatement appelé les secours. Malgré une hospitalisation en urgence, Silvanna a été déclarée morte peu après son arrivée à l'hôpital Rady Children's.

    Une enquête est en cours pour déterminer la cause exacte du décès. Le bureau du médecin légiste a notamment contesté la version de Dreamtime Dentistry, affirmant que l’enfant était "restée endormie pendant son transport à domicile" et n’avait toujours pas ouvert les yeux une fois couchée par ses parents. En attendant, les responsables du cabinet dentaire assurent "coopérer pleinement" et appellent à la patience face aux "spéculations".

    Comment prévenir les risques de l’anesthésie générale ?

    L'affaire de Silvanna Moreno rappelle que toute anesthésie, même bien encadrée, n’est jamais une intervention anodine. "Les risques de décéder pendant une anesthésie générale sont très faibles : la mortalité directement imputable à l'anesthésie est inférieure à 1 pour 100.000 anesthésies [mais] le risque zéro n'existe pas", affirme le Dr Vibol Chhor, anesthésiste-réanimateur à Paris, contacté par Doctissimo.

    Parmi les effets indésirables les plus fréquents, on retrouve des nausées, des maux de gorge, un engourdissement, des troubles de la mémoire ou de la concentration... "Des complications imprévisibles comportant un risque vital comme une allergie grave, un arrêt cardiaque [ou encore] une asphyxie" peuvent survenir mais elles "sont extrêmement rares", écrit la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar) sur son site. D’autant que "les anesthésistes sont formés pour réagir face à ces situations", souligne le Dr Chor.

    L'importance de la consultation pré-anesthésie

    La consultation pré-anesthésie demeure essentielle pour identifier d'éventuels risques et antécédents, car "il y a un toujours un risque de faire une allergie aux produits anesthésiants, qu'on ne peut pas toujours dépister en préopératoire", rappelle le médecin parisien. "On recherche notamment des allergies croisées : s'il y a une allergie à l'avocat ou au kiwi, on évitera le latex par exemple", car on sait que ces allergènes sont souvent associés.

    La Sfar rappelle enfin qu’il est crucial de respecter les consignes de jeûne : ne pas manger dans les 6 heures avant l'anesthésie et ne pas boire d'eau 2h avant, afin d’éviter les risques d’inhalation du contenu de l’estomac par les poumons (inhalation pulmonaire).

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