Intelligence artificielle

Une nouvelle carte pour surveiller les pollens : quels changements pour les allergiques ?

Le nouveau dispositif basé sur l’intelligence artificielle, actualisé quotidiennement, permet d’informer les personnes allergiques de la présence de pollens sur trois jours, commune par commune.

  • razyph / istock
  • 03 Avr 2025
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    Les personnes souffrant d’allergies aux pollens – environ 25 % des adultes en France – vont devoir s’adapter à un nouveau mode de surveillance. Avec la disparition soudaine du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), placé en liquidation judiciaire fin mars, les outils traditionnels de suivi des pollens ont disparu. Mais depuis le mercredi 2 avril, un nouvel indice pollen a vu le jour, porté par Atmo France, la fédération qui coordonne les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa).

    Surveiller six types de pollens, commune par commune

    Ce nouvel indice est désormais disponible sur le site d’Atmo France, où il vient compléter l’indice ATMO dédié aux polluants atmosphériques (ozone, dioxyde de soufre, particules fines...). L’interface permet aux utilisateurs de consulter, commune par commune, la présence de six types de pollens (aulne, bouleau, olivier, armoise, graminées et ambroisie) selon leurs niveaux, de "très faible" à "extrêmement élevé". Il offre des prévisions pour le jour même et les deux suivants, permettant ainsi aux personnes concernées d’anticiper leurs traitements et leurs activités extérieures. Ci-dessous, l'indice pollen dans l'Hexagone au jeudi 3 avril.

    Mais cette nouvelle approche divise les spécialistes. Contrairement à la méthode du RNSA, qui reposait sur plus de 80 capteurs pour des mesures en temps réel, l’indice d’Atmo France combine capteurs physiques, prévisions météorologiques, modèles statistiques et données issues du programme européen Copernicus. "Ce n'est pas le même indice que celui qui était construit précédemment, précise Charlotte Lepitre, responsable plaidoyer chez Atmo France, au micro de Radio France. Nous allons montrer la concentration en pollens dans l'air, et non pas le risque allergique."

    Un modèle prédictif basé sur l’intelligence artificielle

    La suppression du RNSA, accusé de mauvaise gestion des fonds publics, suscite encore des débats. "Il y a eu des dérives, mais ce n'était pas nécessaire de mettre le travail du RNSA à la poubelle", regrette Pascal Poncet, ancien vice-président de l’association, dans les colonnes du Monde. De nombreux allergologues estiment avoir été laissés sans outil fiable pendant plusieurs semaines.

    L’adoption de modèles prédictifs, basés sur l’intelligence artificielle et le machine learning, intrigue mais inquiète aussi. "Il faudra vérifier que les données correspondent bien au terrain", souligne Alain Didier, médecin spécialiste interrogé par Le Monde. Atmo France ne dispose en effet que d’une quarantaine de capteurs, soit deux fois moins que le RNSA. L’organisme assure toutefois que la qualité de ses prévisions s’améliorera avec le temps, notamment si elle parvient à récupérer la base de données de l’ancien réseau.

    L’efficacité de ce nouvel indice devra être évaluée dans les mois à venir. Une étude clinique est notamment en cours pour déterminer si disposer des prévisions 24 à 48 heures à l’avance peut permettre d’adapter les traitements et de mieux contrôler les symptômes.

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