Cardiologie

Hypertension orthostatique : une forme d’HTA difficile à traiter

Un traitement intensif de l’hypertension artérielle réduit modérément la fréquence de l’hypertension orthostatique chez l'adulte hypertendu mais réduirait les complications.

  • Jacob Wackerhausen/istock
  • 27 Mar 2025
  • A A

    L'hypertension orthostatique, caractérisée par une élévation de la pression artérielle lors du passage en position debout, constitue un facteur de risque émergent associé aux maladies cardiovasculaires, à l'insuffisance rénale et aux troubles cognitifs. Cependant, l’impact des traitements antihypertenseurs sur cette pathologie reste mal connu.

    Une méta-analyse sur des données individuelles issues de neuf essais cliniques regroupant 31 124 adultes hypertendus, publiée dans The BMJ, révèle que l'hypertension orthostatique est fréquente (17% des patients). Le traitement intensif de la pression artérielle (objectif tensionnel plus bas ou traitement actif) entraîne une diminution modérée, mais significative, du risque d’hypertension orthostatique (OR : 0,93 ; IC à 95 % : 0,90-0,96).

    Réduction du risque avec le traitement intensif

    L’analyse approfondie montre que les effets bénéfiques du traitement intensif sont homogènes à travers les sous-groupes, avec cependant une efficacité plus marquée chez les adultes non-noirs (OR : 0,86 vs 0,97 chez les adultes noirs ; p interaction=0,003) et chez les patients non diabétiques (OR : 0,88 vs 0,96 chez les diabétiques ; p interaction=0,05). En revanche, l'âge supérieur à 75 ans, le sexe, la pression artérielle initiale élevée, l'obésité, la maladie rénale stade 3, les antécédents d’accident vasculaire cérébral ou de maladie cardiovasculaire ne pas modifient pas significativement l’efficacité du traitement intensif (p interaction ≥0,05).

    L'étude montre également que la réduction du risque observée est constante quelle que soit la définition retenue pour l’hypertension orthostatique (élévation isolée ou associée à une pression artérielle systolique ≥140 mmHg en position debout). La tolérance du traitement intensif n’a pas été spécifiquement analysée ici mais il n’a pas été observé de détérioration particulière lors du traitement intensif.

    Très large méta-analyse sur données individuelles

    Ces résultats proviennent d’une méta-analyse regroupant les données individuelles de 31 124 participants issus de neuf essais randomisés portant sur le traitement intensif de l’hypertension artérielle versus un traitement standard ou placebo. Bien que solide par son ampleur et la méthodologie rigoureuse employée, la généralisation de ces résultats à la pratique clinique courante peut être limitée par les critères stricts de sélection des patients dans ces essais et les schémas thérapeutiques rigoureux utilisés. Toutefois, cette étude montre clairement que les stratégies de traitement intensif utilisées habituellement pour contrôler la pression artérielle en position assise peuvent également contribuer à prévenir l’hypertension orthostatique.

    Selon les auteurs, ces données invitent donc les cliniciens à ne pas négliger cette forme particulière d'hypertension lors de la prise en charge globale du patient hypertendu car un traitement plus intensif de la pression artérielle réduit l'apparition de l'hypertension orthostatique. De nombreux essais inclus ont utilisé des antihypertenseurs de première intention, ce qui suggère que les approches courantes pour l'hypertension en position assise peuvent également être utilisées pour traiter l'hypertension orthostatique. Bien que l'hypertension orthostatique soit fréquente chez les adultes souffrant d'hypertension, elle peut être traitée en utilisant les approches standard recommandées pour l'hypertension en position assise. Des études supplémentaires sont nécessaires pour préciser l’impact clinique à long terme de l’hypertension orthostatique et pour explorer l’efficacité spécifique de certaines classes thérapeutiques.

     

    Pour laisser un commentaire, Connectez-vous par ici.
    
    -----