Médecine générale
Maladies cardiovasculaires : impact majeur des modifications de facteurs de risque en milieu de vie
Modifier l’hypertension et le tabagisme vers 50 ans prolongerait significativement l’espérance de vie sans événement cardiovasculaire majeur, en particulier chez les femmes.

- mi-viri/istock
Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité à l’échelle mondiale. Malgré la connaissance des principaux facteurs de risque modifiables, leur impact précis et leur pondération sur l’espérance de vie restent mal quantifiées, notamment au regard des dynamiques individuelles de modification des facteurs de risque.
L’étude menée par le Global Cardiovascular Risk Consortium (GCVRC), incluant plus de 2 millions de personnes réparties sur 6 continents, montre clairement que l’absence des cinq principaux facteurs de risque (hypertension, hyperlipidémie, troubles pondéraux, diabète et tabagisme) à l'âge de 50 ans est associée à une augmentation significative de l’espérance de vie sans maladie cardiovasculaire.
Selon les résultats publiés dans le New England Journal of Medicine, les femmes sans aucun de ces facteur de risque auraient un gain moyen de 13,3 années sans maladie cardiovasculaire comparativement à celles cumulant tous ces risques. Ce gain serait de 10,6 années sans maladie cardiovasculaire chez les hommes.
L’hypertension artérielle est le principal facteur à corriger pour les maladies cardiovasculaires
Les résultats détaillés révèlent que l'hypertension artérielle est le facteur dont la correction a l’impact le plus important sur l’espérance de vie sans maladie cardiovasculaire. Modifier ce paramètre entre 55 et 60 ans permet de gagner le plus grand nombre d’années supplémentaires sans événement cardiovasculaire. De son côté, l'arrêt du tabac pendant la même période apporte le bénéfice le plus élevé en termes de réduction de mortalité toutes causes confondues.
En revanche, l'influence de l’hyperlipidémie et de l’indice de masse corporelle (IMC) aurait un profil en U, indiquant une relation complexe où les bénéfices potentiels varient selon les seuils atteints. L’analyse par sous-groupes géographiques montre une variabilité régionale de ces bénéfices, particulièrement marquée pour l'hypertension, soulignant la nécessité d'adapter les stratégies de prévention selon les contextes locaux.
Une analyse indépendante sur plus de 2 millions de patients
Ces résultats proviennent d’une analyse harmonisée des données individuelles de 2 078 948 participants issus de 133 cohortes internationales, réparties sur 39 pays et 6 continents, permettant une excellente représentativité globale. La force de l’étude réside dans sa méthodologie prospective et harmonisée, permettant une généralisation solide des résultats. Toutefois, les auteurs reconnaissent certaines limites, comme des biais potentiels liés à des facteurs non mesurés (activité physique, alimentation, accès aux soins) et une hétérogénéité dans les périodes de suivi et les définitions des événements cardiovasculaires.
Malgré ces limites, ces résultats ont d’importantes implications cliniques, selon les auteurs, suggérant qu’une action ciblée en milieu de vie sur l’hypertension et le tabagisme pourrait offrir des bénéfices substantiels en matière de prévention cardiovasculaire. Les recherches futures devraient explorer davantage les mécanismes biologiques sous-jacents à ces bénéfices ainsi que l’impact précis des stratégies interventionnelles ciblées sur ces facteurs à différentes étapes de la vie.