Sensibilisation
Alcool : "Les femmes et les hommes ne sont pas égaux", alerte la HAS
La Haute Autorité de Santé alerte sur les complications associées à la consommation d’alcool chez les femmes, qui sont amplifiées, sous-évaluées et pas assez accompagnées médicalement.

- Par Geneviève Andrianaly
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- Ayman-Alakhras/iStock
Vin, champagne, bière, gin, cidre… Plus les années passent, plus la consommation d’alcool chez les femmes évolue. Cette dernière se rapproche des pratiques masculines en particulier pour le "binge drinking", qui se traduit par une "alcoolisation ponctuelle importante" dans un temps très court, avec recherche d’ivresse, connu également sous le terme "d’intoxication alcoolique aiguë" ou "alcoolisation massive".
Problème : l’alcool, qui est une cause de décès évitable, entraîne des dommages qui peuvent lourdement impacter la santé et la qualité de vie. "Or, femmes et hommes ne sont pas égaux face à l’alcool. Si les femmes sont exposées aux mêmes risques que les hommes, à même quantité consommée, les complications sont plus graves, plus rapides, parfois spécifiques (cancer du sein) ou plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes (agressions subies, notamment sexuelles)", signale la Haute Autorité de Santé (HAS). En outre, le tabou autour l’alcool est accentué vis-à-vis des femmes, dont la parole est moins considérée, et les représentations liées au genre conduisent à une "sous-évaluation médicale" et "un moindre accès aux aides disponibles". Dans la sphère médicale, si le sujet de l’alcool est abordé lors de la grossesse et de la maternité, il n’est pas évoqué durant toutes les autres étapes de la vie des femmes. Pourtant, il est important d’en parler en raison de son impact sur la vie génitale, la santé sexuelle, la procréation ou encore le risque de cancer du sein. En 2023, l’autorité sanitaire a ainsi élaboré un guide et des outils afin d’aider les professionnels de premier recours à diminuer le risque alcool, via un repérage systématique et précoce des usages et l’accompagnement de chaque personne. Récemment, elle a publié des documents afin de sensibiliser aux spécificités de l’exposition des femmes à l’alcool, au-delà des seules périodes de grossesse et de maternité. Dans le détail, la HAS rappelle aux professionnels de santé d’aborder le sujet de l’alcool régulièrement en consultation, comme cela est fait pour le tabagisme ou encore l’activité physique. Elle précise de veiller à éviter tout jugement moral et en étant attentif aux choix de vie, à l’intimité et à l’environnement de chaque femme.Alcool : aborder le sujet à toutes les étapes de la vie des femmes et non seulement durant la grossesse