Drame

Un Allemand de 63 ans meurt d'une infection généralisée après avoir été léché par son chien

En Allemagne, un homme de 63 ans est mort à l'hôpital après avoir été léché par son chien. Il avait été infecté par la bactérie pathogène Capnocytophaga canimorsus, présente dans la salive de l'animal. 

  • 01 Déc 2019
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    Voici un triste fait divers qui devrait refroidir les amoureux des chiens. Un Allemand de 63 ans est décédé après avoir été léché par son animal de compagnie, rapportent les médecins de l’hôpital de Brême (Allemagne) dans la revue European Journal of Case Reports in Internal Medicine. Il a été infecté par la bactérie pathogène Capnocytophaga canimorsus, présente dans la salive de son chien. Ce genre de cas est rarissime.

    D’après le récit des médecins, le sexagénaire se présente d’abord à l’hôpital de Brême avec de la fièvre et des difficultés à respirer. Si cela fait trois jours qu’il se sent malade, les symptômes ont empiré la veille de son passage aux urgences, explique-t-il. Des tâches rouges sont apparues sur son visage, sa jambe droite lui fait mal et il souffre désormais de douleurs musculaires au niveau des extrémités des membres. Les spécialistes observent également un dysfonctionnement de ses reins et son foie.

    Il est alors transféré en unité de soins intensif. Diagnostic : l’homme souffre de de purpura fulminans, une forme sévère de septicémie. La bactérie à l’origine de cette infection généralisée se nomme Capnocytophaga canimorsus et provient de la salive de son chien. Malheureusement, malgré les antibiotiques, l’état de santé du patient ne s’améliore pas et il décède à l’hôpital après 16 jours de traitement intensif.

    Pour les propriétaires d’animaux de compagnie, la prudence est de mise

    Bien que le risque de développer une telle infection après avoir fait des câlins à son chien soit très faible (un cas sur un million), la prudence est de mise. "Les propriétaires d'animaux présentant des symptômes pseudo-grippaux devraient consulter un médecin de toute urgence lorsque leurs symptômes dépassent ceux d'une simple infection virale, dans ce cas-ci une dyspnée sévère et des pétéchies", alertent les experts

    "Les médecins confrontés à de tels patients devraient poser des questions sur le contact avec les chiens et les chats.  Ils devraient également tenir compte des infections à C. canimorsus en présence de purpura fulminans et de l'absence de morsures ou d'égratignures d'animaux, et de toute immunodéficience. Dans de tels cas, le clinicien doit immédiatement commencer un traitement empirique avec une pénicilline en association avec un inhibiteur de bêta-lactame jusqu'à ce qu'un diagnostic définitif soit établi". 

    Dans le détail, seules trois souches de la bactérie Capnocytophaga canimorsus sont dangereuses pour l’homme et elles ne représentent que 7,6% des neuf souches. C. canimorsus est un bacille qui pousse surtout en l’absence d’oxygène. On la retrouve notamment dans la salive des chiens et des chats qui, même s’ils ne développent aucune maladie, peuvent la transmettre à l’homme en léchant une plaie ou une morsure.

    Le patient décédé était en bonne santé

    L’infection peut entraîner des troubles de coagulation du sang qui conduisent à des hémorragies et à un sepsis généralisé. Des nécroses cellulaires et une insuffisance rénale aigüe peuvent ensuite survenir. Il faut alors parfois pratiquer une amputation des membres dans l’espoir de limiter la propagation de l’infection aux organes vitaux. Il arrive malheureusement, que cela ne suffisent pas et que les patients décèdent. Dans 99% du temps, les personnes atteintes sont immunodéprimées.

    "Parmi les facteurs prédisposant (à l’infection, NDLR), on trouve en premier les personnes ayant un système immunitaire défaillant, en raison d'une maladie, d'un traitement ou de l'ablation de la rate, ainsi que les diabétiques et les alcooliques (…) Mais on sait maintenant que des patients immunocompétents peuvent aussi être contaminés, même si c'est plus rare", explique Anne Gougeon, professeure de microbiologie à l'université de Rennes-1 et praticienne hospitalière au CHU de Rennes, au Point. 

    L’Allemand décédé est donc une malheureuse exception puisqu’il était en parfaite santé. "Les antécédents du patient et les examens cliniques et de laboratoire n'ont révélé aucune immunodéficience, asplénie ou abus d'alcool", notent ainsi les médecins qui l’ont traité.

    En août dernier, une Américaine de 52 ans avait contracté un empoisonnement du sang à cause de la salive de son chien. Si elle n’en était pas morte, l’infection lui avait tout de même causé la perte de ses quatre membres. Comme l’Allemand de 63 ans décédé, cette femme s’était présentée aux urgences avec des symptômes similaires à ceux d’une grippe et d’intenses douleurs aux membres.

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    JDF